Croire à un projet, le construire, effacer les doutes et le concrétiser. Un processus pas si simple, mais que certains arrivent à entreprendre.

Bel Entourage c’est des interviews d’amis passionnés qui essaient de vivre de leur passion. Si certains viennent tout juste de se lancer, d’autres sont déjà bien établis.

Parce que mettre tout en oeuvre pour se lancer est déjà une réussite en soi, le but ici n’est pas de montrer des “succès story”. L’objectif de ces discussions avec eux est de comprendre par quoi ils sont passés au moment de faire ces choix, d’éclaircir la période entre la volonté de faire quelque chose et l’accomplissement.

Concrètement, j’enregistre et on parle pendant quelques heures. Je leur pose mes questions pour essayer de comprendre leurs parcours.
Pour alimenter le récit, chaque discussion sur le site sera accompagnée de quelques photos.
Je propose aussi une playlist, différente pour chaque interview, pour accompagner ta lecture et ton café. #hopeyoulikesufjanstevens.

Bel entourage c’est un projet que je voulais faire depuis quelques temps et je suis très content qu’il prenne enfin vie.
Je fais tout en solo : le développement du site, les photos, les interviews et la retranscription donc le rythme de publication sera plutôt lent, d’où ce petit formulaire pour que je puisse t’envoyer un mail quand une nouvelle discussion sera mise en ligne.
Merci à mes amis qui acceptent de se livrer. Si la lecture de ces conversations peut intéresser certaines personnes, j’aurai réussi mon pari 😉

Des questions, des choses à me dire, tu peux m’envoyer un mail à : contact@belentourage.fr

Nicolas

logo bel entourage
margaux caron portrait
Une belle histoire,
de belles musiques.

Margaux

26 ans. Photographe. Londres.

Margaux est photographe de mariage et de “moments heureux” à plein temps depuis 3 ans sous le nom La Cabine de Margaux.
Originaire de Lille, elle vit maintenant à Londres et fait le chemin vers la France plusieurs fois par mois pour tous les évènements qu’elle couvre.

Ça fait maintenant 6 ans que je connais Margaux, j’ai toujours vu en elle une personne qui doute très peu et qui va toujours de l’avant. Dès qu’elle a voulu lancer sa carrière de photographe, on savait tous qu’elle y consacrerait beaucoup d’énergie.

Pour comprendre comment elle a réussi à se lancer, je suis allé lui poser des questions chez elle, à Londres.

margaux caron
margaux caron
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D’où vient ton goût pour la photo ?

Ça n’a jamais été une passion plus qu’une autre, pas plus que la cuisine ou les voyages.
Petite, je prenais les appareils argentiques de mes parents mais je ne m’étais jamais imaginée photographe. Je m’étais dit que dans tous les cas, j’aurais un métier créatif mais c’était complètement flou. C’est vers mes 16 ans que j’ai commencé à m’y intéresser un peu plus. Je prenais toujours des photos, pendant les voyages avec mes parents, chez moi avec mes copines… on s’organisait des petits shootings (rire). Finalement, même si c’était des photos plutôt banales, ça te forge quand même l’oeil.

À la fin du lycée, je n’ai demandé qu’un seul voeu qui était le BTS Photo. Je ne me voyais toujours pas être photographe mais j’avais vraiment envie de couper avec les études “classiques” et de faire quelque chose de créatif, apprendre quelque chose de nouveau.
Je voyais plus ça comme une passerelle pour faire autre chose et me chercher.

La révélation, ça a plutôt été pendant le BTS, avec les stages. C’est à ce moment là que je me suis dit que je me verrais bien photographe. Même si je ne savais pas dans quel domaine, il y avait plein d’aspects qui me plaisaient. Ça répondait à pas mal de choses que j’avais envie de faire dans ma vie plus tard, notamment dans la relation à l’autre.

Justement, pendant tes stages, c’était la première fois que tu devais répondre à des attentes ?

En fait, dans mes demandes de stage, j’ai toujours réussi à filouter. J’ai pas directement cherché à travailler avec des photographes, mais plutôt là où on aurait peut-être besoin de photos.
Par exemple, notre premier stage était en vente mais je ne me voyais pas du tout vendre des appareils à la FNAC. Du coup, j’ai postulé pour être assistante dans une agence de mannequins, en imaginant qu’ils pourraient me laisser l’opportunité de leur glisser ce que je savais faire en photo sans qu’il y ait une attente trop forte.

Un de mes 3 autres stages était beaucoup plus concret et ça a été ma première vraie expérience avec un photographe. J’ai assisté Lisa Carletta à Bruxelles. Je l’avais contactée parce que je savais qu’elle apportait beaucoup d’importance aux détails, elle faisait beaucoup de portraits. Ça m’a permis de voir à quoi ressemblait un vrai plateau, en studio.
L’expérience a été superbe ! J’ai appris plein de trucs et ça m’a permis de forger mon oeil mais j’ai vite su que ce n’était pas là-dedans que je voulais partir.

Et après le BTS ?

J’ai fini le BTS à 20 ans. Si tu as bien suivi les cours, tu es plutôt bon techniquement, mais artistiquement parlant, tu n’as presque aucune entrée en matière. L’idée c’était donc de continuer les études de photo en école d’Art pour combler ce manque.
J’avais bien aimé Bruxelles, et surtout Julien (son copain à l’époque, devenu son mari en 2017) vivait là-bas. Du coup, j’ai directement regardé les écoles là-bas et je suis rentrée à La Cambre (École Nationale Supérieure des Arts Visuels de Bruxelles).

margaux caron
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Est-ce que pendant ces années d’études tu réfléchissais déjà à un plan pour vivre de la photo après ?

En tout cas, j’ai toujours été très terre à terre donc il me fallait un projet pour pouvoir en vivre plus tard. Mon but, c’était pas de devenir artiste et de vendre mes oeuvres dans les galeries.

À ce moment là, une ancienne maître de stage m’avait demandée si j’étais capable de photographier son mariage. C’était une toute petite demande pendant que j’étais en étude mais j’avais relevé le défi. Après ce mariage, on m’a proposé de faire 2-3 autres mariages. J’imagine que mon oeil a plu à ce moment là et ça a un peu fait effet boule de neige.
Par la force des choses, les gens m’ont amenée sur ce chemin qui m’a complètement plu.
Je suivais beaucoup de photographes de mariage sur Instagram, l’idée d’en faire mon métier commençait à émerger dans ma tête mais je voulais continuer mes études.

L’idée de faire de la photo de mariage t’est venue naturellement ?

J’avais fait les 3, 4 mariages pendant mes études et ça m’avait vraiment plu donc je savais que je voulais faire de la photo de gens. Dans la photo de mariage et de famille, je trouvais ça super beau de graver des instants aux gens et de faire partie que de moments heureux avec eux.

J’ai senti un nouveau souffle de la photo de mariage à ce moment là aussi, presque branché. Je n’étais pas sûre que ça allait marcher mais je pensais qu’il y avait quelque chose à faire. Je me suis dit pourquoi pas moi ?

Il fallait donc que tu crées officiellement ton statut, de plus à l’étranger ?

Déjà, ici c’est beaucoup plus simple. Si en France tu remplis 15 papiers, ici tu en remplis 3. Avec Julien, on s’est fait aider par un comptable français à l’étranger au début. Je compte les journées de comptabilité sur les doigts de la main mais ce n’est pas à négliger. Ce sont de grosses journées et il faut le prendre en compte quand on se lance.

Tu as pensé à l’aspect financier ?

Je ne me suis pas posée la question financière avant de commencer sinon je ne l’aurais jamais fait. J’avais acheté mon matériel petit à petit pendant mes études donc je n’avais pas de gros investissements.
Comme Julien avait un boulot stable dans l’agence d’archi, avec son soutien, j’ai pu me consacrer entièrement au lancement de La Cabine de Margaux.

Est-ce que tu es passée par une phase de doute, une peur de l’échec ?

Je pense que le regain d’énergie avec notre arrivée à Londres m’a beaucoup aidée. Le fait d’habiter dans une toute nouvelle ville m’a aussi évité de me comparer aux autres photographes que je suivais, restés à Lille, Bruxelles ou Paris.
Je voulais aussi vraiment rebondir après m’être prise une baffe par l’école. À ce moment là, je n’ai pas douté sur la faisabilité de créer ma petite entreprise.
Les doutes sont plutôt venus après, de me dire “est-ce que j’aurai de plus en plus de bookings ?”.

margaux caron
Certaines personnes pensent que la photo de mariage est une voie de second choix. Est-ce que ça t’a affectée ?

Je ne me le suis jamais dit. C’est plutôt une vision générale que j’ai. Je pense qu’il n’y a pas de sous métier, que ce soit dans la photo ou ailleurs. Pareil pour les études, qu’on fasse un CAP ou une grande école, il y a des choses qui se rejoignent.
On ne me l’a pas fait ressentir, peut-être parce que je venais d’une école d’Art, on s’est peut-être dit que j’allais apporter mon oeil artistique. Le fait aussi de voir des photographes dont j’aimais trop le travail faire du mariage, me faisait dire que c’était juste ça que je voulais faire. Avec le boom d’Instagram, ceux qui pensaient que la photo de mariage était ringarde ont changé d’avis. Et comme je le disais, les blogs de mariage ont commencé à prendre de l'ampleur, donc c’est rentré dans la tête des gens que la photo de mariage n’était pas une sous-partie de la photo.
À Londres, le mariage n’est pas ringard, tu as des festivals de mariage toutes les semaines, c’est dans les moeurs, dans la tradition “alternative”. Se marier, c’est “in” !

Quand tu t’es lancée, quelle a été la réaction de ton entourage ?

Mes parents n’ont pas été étonnés car j’ai toujours eu l’envie d’entreprendre. Ils m’ont beaucoup encouragée et avaient beaucoup confiance en moi. Idem pour Julien et mes amis.
Les seules réticences que j’ai eues sont venues du corps professoral, au lycée. J’étais plutôt bonne élève et faire un BTS c’était assez mal vu. Intérieurement, j’avais envoyé balader ce qu’ils avaient pu me dire.
Peut-être que des gens ont douté pour moi mais ils ne me l’ont jamais fait ressentir. Comme j’ai lancé La Cabine de Margaux jeune (à 23 ans), je pense que les gens me laissaient un peu le droit à l’erreur donc je n’ai pas ressenti d’attente trop grande de la part des gens.

Comment tu as fait pour te faire connaître ?

J’ai tout de suite lancé ma page Facebook et mon Instagram (début d’année 2015). Pour avoir une petite identité visuelle, mon amie Léna (l’illustratrice Léna Piroux) m’a aidée à créer un logo et des petits visuels.
Tous mes potes ont relayé la page Facebook, ça c’était super chouette ! Ils disaient à leur entourage qu’ils connaissaient une amie photographe qui voulait se lancer en freelance et quelques-uns de mes amis avaient des connaissances (cousins, amis d’amis) qui se mariaient et qui avaient besoin d’une photographe. Grâce au bouche à oreille, ces gens là m’ont assez vite fait confiance, et j’ai commencé à avoir des commandes pour l’été qui arrivait.

Est-ce qu’à ce moment là tu as pensé à la concurrence ?

Il y a beaucoup de photographes de mariage, mais il y a aussi beaucoup beaucoup de gens qui se marient donc je ne vois pas du tout de concurrence entre nous dans le métier. Il y a une vraie demande. Encore maintenant, quand j’ai une demande et que je suis déjà prise, je recommande vivement mes amis photographes et eux font de même avec moi.

margaux caron
Tu avais réfléchi à un style que tu voulais donner à tes photos, une envie de te démarquer ?

En fait, je me suis toujours posé les questions à l’envers. Je me suis demandée comment moi j’aimerais que ça se passe à mon mariage, comment je voudrais que la photographe me dirige et quelles photos j’aimerais bien recevoir.
J’essaye que mes reportages ressemblent aux couples mais avec ma patte derrière. C’est pour ça que je pense que La Cabine de Margaux c’est un univers joyeux, coloré, frais etc..

L’idée de base c’était d’amener un truc en plus, je ne voulais pas être juste photographe et faire des photos très classiques. La partie rencontre/échange/partage avec les gens que je prends en photo est super importante pour moi.
Le fait d’être basée à l’étranger et d’avoir mes mariages en France, ça me permet de vraiment scinder mes 2 vies.
Je voyage généralement en France pour mes mariages donc c’est une nouvelle aventure à chaque fois. Ces couples doivent me faire venir en France, donc j’imagine qu’ils aiment ce que je propose. Je pense que ce petit côté exotique peut m’apporter un truc en plus, ça plaît aussi à des couples ou des familles qui viennent me voir à Londres pour des séances.

Tu avais beaucoup d’appréhension avant ton premier mariage en tant que professionnelle ?

Je n’ai pas eu trop peur parce que j’avais déjà fait ces 2, 3 petits mariages donc j’avais les moments clés en tête, mes petits fils rouges.
Pour ce qui est du matériel, ça me paraissait assez logique. Amener plusieurs cartes, plusieurs batteries. À l’école, on nous avait aussi briefés sur tout ce qui pouvait arriver de “pas cool” pendant les prestations.

Je me souviens super bien du premier mariage que j’ai photographié parce que c’est celui là qui m’a permis de faire évoluer mon projet.
J’ai montré à Maëlys et Romain (le couple qui se mariait) les mariages que j’avais fait quand j’étais en études. Et je leur ai tellement exposé mon envie de me lancer qu’ils m’ont fait complètement confiance. Je pense qu’ils ont eu envie de me donner cette chance.
J’avais dans l’optique de me dire que ce mariage pouvait vraiment m’aider à me lancer, ça pouvait être une belle référence. D’autant plus que quand je les avais rencontrés, ça s’était super bien passé donc j'étais convaincue que ça allait être chouette le jour J.
C’était plus cette pression là, parce que je me suis dit “il ne faut pas que tu te loupes, ce mariage là peut t’amener d’autres bon plans, les copains des mariés peuvent se marier, etc..”. C’était donc vraiment LA rencontre de mon début de carrière.

Tout s’est bien passé le jour J ?

Je m’en souviens super bien ! En rejoignant Maëlys et ses témoins, il y avait tellement une bonne ambiance. C’est même pendant cette matinée là que je me suis dit que ça me plaisait vraiment, j’avais l’impression d’être à ma place.
J’avais essayé de vraiment soigner les détails, juste pour que Maëlys et Romain soient contents.

Quel a été ton ressenti quand tu as vu les photos, au calme chez toi ?

Je me suis dit que c’était pas mal ! J’étais contente d’avoir plein de petits instants. En dehors des gros évènements qui se passent lors d’un mariage, il y a tellement de petits moments qu’il fallait que je mette le paquet sur ça. J’étais assez contente parce que les détails étaient chouettes pour un début.

margaux caron
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Vient le moment de la livraison des photos et de leur réaction ?

Je leur avais livré énormément de photos, pour être sûre qu’ils soient contents (rire) ! Alors qu’en fait, le job c’est de donner vraiment le tri. Naturellement, c’était moins précis à l’époque que maintenant.

Pour ce qui est de leur réaction, ils étaient super contents des photos. Ils m’ont mise en relation avec leurs amis dont j’ai aussi photographié le mariage.
Pour la confiance, c’était super motivant, même si je ne me suis pas dit que c’était gagné.
Ils m’avaient laissée publier les photos de leur mariage donc ça avait beaucoup aidé à me faire connaître.
Par la suite, il y avait eu des interactions sur ma page Facebook, je me suis rendu compte que ça attirait l’oeil donc il fallait que je continue.
C’est à ce moment là que j’ai commencé à avoir des bookings pour l’été d’après.

J’imagine que sur les premiers mariages, tu apprenais beaucoup. Est-ce que tu t’es sentie légitime envers tes premiers clients ?

Je me suis toujours dit qu’il fallait que ce soit toujours mieux. Je me sentais légitime envers eux parce que mes prix étaient en adéquation avec mon niveau, je ne me suis pas sur-vendue. À ce moment là, mes tarifs étaient vraiment abordables, ça m’a aidée à avancer doucement mais sûrement.

Comment se passe la fin de ta première saison, après l’été ?

Avec ce premier été de mariages, j’ai pu relayer énormément d’images sur internet, ça m’a permis de faire vivre mes comptes. Le bouche à oreille a fait effet boule de neige très vite sur Facebook et Instagram, et ça m’a permis de faire des séances familles pendant l’automne/hiver.

C’est au même moment que j’ai eu une demande d’Alex et Marine qui gèrent L’Impertinente. (salon de thé lillois au succès retentissant depuis son lancement) pour leur mariage qui se déroulait l’été d’après.
Ce mariage, c’était une très grosse étape pour moi, j’étais attendue au tournant.
Je me suis mise une grosse pression pour réussir et j’ai donné le meilleur de moi-même mais comme à chaque mariage ! Je les ai pris comme n’importe quel autre couple et c’est ce qui leur a plu.

C’est vraiment ce mariage qui m’a fait décoller. Ils avaient déjà 15 000 personnes qui les suivaient sur Instagram et c’est eux qui ont relayé mes images, sans que je ne demande quoi-que ce soit, ils ont été super sympas ! Ça a ramené beaucoup de gens sur ma page et mon boulot a pu être plus visible. J’ai senti une vraie évolution après ça, ça a permis de rendre mon travail plus crédible. Ça m’a donné encore plus envie de faire mieux.
J’ai aussi rencontré à cette période mon ami Cyril (Le-Fleuriste) qui travaillait aussi sur ce mariage. Une autre belle rencontre puisqu’on bosse toujours régulièrement ensemble aujourd’hui.

J’imagine que c’était un gros challenge pour toi cette demande ?

C’était la validation d’une étape. Sachant que ça faisait un an que je m’étais lancée, ça me confirmait un peu que j’étais sur la bonne voie.

On sait que les mariages sont souvent l’été, comment tu fais pour t’organiser financièrement sur toute l’année.

Il n’y a pas de gros creux l’hiver. Je fais pas mal de séances, et une saison passe tellement rapidement que celle d’après s’enchaîne assez vite finalement. Quand je fais beaucoup de mariages l’été, je ne peux pas me permettre de faire des séances à ce moment là, donc ça se décale à l’automne, l’hiver et au printemps.
Les 2 dernières années, j’ai photographié des mariages de mai à octobre mais pour 2018, j’ai plus étendu, je commencerai fin février. J’ai eu des demandes pour l’hiver mais c’est moi qui aie fait le choix de prendre vraiment aucun mariage pendant 2 mois, pour me couper un peu, m’inspirer autrement en voyageant et revenir d’attaque pour une nouvelle saison.

margaux caron
Comment tu organises tes journées ?

J’ai pas vraiment de journée type. Je dirais que je consacre toujours un peu de ma journée à l’editing et à de la communication sur les réseaux sociaux. Après, je m’organise en fonction des périodes de rush. En général, les weekends sont consacrés aux mariages ou séances photos avec les couples et familles, et la semaine je bosse sur les photos que j’ai faites.

Avec ton emploi du temps particulier, est-ce que tu envies parfois les gens qui travaillent du lundi au vendredi, avec une vraie frontière entre le pro et le perso ?

Moi, cet emploi du temps c’est mon petit luxe ! Je comprends les gens qui ont choisi des horaires plus classiques mais ça ne me donne pas très envie pour le moment. Je suis dans une période de ma vie où je suis contente que chaque journée ne se ressemble pas.
Pour moi, cette flexibilité c’est le point fort de mon métier, ça me fait dire que j’ai bien fait de le choisir.
Plus tard avec une vie de famille il y aura plus de choses à organiser et je verrai sans doute la chose différemment mais pour le moment, c’est ce qui me plaît.

Ça va faire 3 ans que tu exerces, tu as toujours la même motivation qu’au début ?

Je pense que ça s’est même décuplé parce que les gens m’apportent encore plus qu’au début ! Quand je reçois les demandes des personnes qui ont des projets formidables, je me dis que c’est quand même incroyable que des gens qui ont les mêmes goûts que moi croisent mon chemin.
Dans les saisons, tu as des moments super forts ! Je me suis mariée cette année et se mettre à la place des gens, concrètement, c’était encore plus fort. J’allais être à la place de toutes mes mariées, vivre ce qu’elles vivent.
J’ai l’impression d’être encore plus investie parce que maintenant, je connais comment ça peut se passer de l’intérieur.

Tu as vécu des moments difficiles depuis tes débuts ?

Je me suis fait quelques petites frayeurs, d’avoir perdu des données sur des cartes. Un mariage, tu ne peux pas le recommencer… Mais au final, ça ne m’est jamais arrivé, j’ai tout retrouvé.

Après, sur une année, il ne faut pas se leurrer, tu reçois un message d’une personne qui n’est pas satisfaite à 100% des photos. C’est le truc que tu aimerais éviter mais c’est inévitable, il y a des gens insatisfaits. Ça ne me détruit pas parce qu’à côté de ça, j’ai des couples absolument dingues qui me le rendent tellement bien !

Qu’est-ce que ça t’a apportée personnellement de créer un projet comme ça ?

Juste le fait de se sentir fière de soi, de se dire que tu en es capable en fait. Après, le projet a fonctionné parce que j’ai essayé de m’entourer de gens qui m’ont aidée et soutenue. Donc je suis fière d’avoir pensé le projet, mais tous les gens qui m’ont entourée ont fait avancer le projet avec moi.

Comment tu vois ton métier maintenant, par rapport au départ ?

Je ne suis pas du style à me reposer sur mes acquis, donc je me mets une certaine dose de pression nécessaire pour toujours faire mieux.
Avec Julien, on s’autorise aussi plus de voyages qu’avant. On s‘est rendu compte que c’était ça qui nous permettait d’être inspirés tout au long de l’année. On part 1 mois cet hiver, ça fait super longtemps qu’on n’est pas partis aussi longuement. La photo de voyage ça me plaît beaucoup aussi !

Il y a des conseils que tu aurais aimé entendre à tes débuts ?

En tout cas, il faut suivre son instinct.
J’apporte beaucoup d’importance à la rencontre avec le couple, avant les séances. Si cette rencontre ne se passe pas bien ou qu’il n’y a pas de feeling, je me suis toujours dit qu’il ne fallait pas que je m’embarque dans des aventures que je n’avais pas envie de vivre. Même si c’est ton métier et que tu as besoin de vivre, il faut se laisser l’opportunité d’un autre projet et se retirer du premier.

Les réseaux sociaux, c’est le nerf de la guerre donc il ne faut vraiment pas lésiner sur ce point là. La communication c’est important, quitte à se faire aider. Le fait que mon amie Léna me fasse des petits dessins et qu’elle m’apporte son soutien sur quelques trucs au niveau visuel, ça m’aide vachement. Même si elle ne fait pas de photo, ça se lie beaucoup à mon projet.
Je pense qu’il faut toujours y croire, beaucoup travailler.

Être bien entourée, ne pas hésiter à rencontrer des collègues photographes. Ça m’a aidée de me dire qu’on était tous pareils, qu’on traversait les mêmes galères, les mêmes grandes émotions, qu’on était tous crevés en fin de saison etc. C’est un soutien que tes parents ou tes amis ne peuvent pas forcément t’apporter parce qu’avec les autres photographes, on vit le même truc.

Rêver un peu aussi, c’est important pour sortir de belles images.

Fin.

Pour en savoir plus sur le travail de Margaux